L’EuroLesboPride a été organisée dans le cadre l’Europride 2013 à Marseille. Une Europride qui a singulièrement manqué de coordination. Toutefois, certains événements méritent l’attention, par la qualité de leur organisation (voir Europride) :
- le Forum euroméditerranéen organisé par le Collectif IDEM (en savoir plus)
- l’EuroLesboPride organisée en non-mixité par la Coordination Lesbienne Nationale (CLN) et l’association marseillaise le CEL (Centre Évolutif Lilith)
Voir le programme complet de l’EuroLesboPride : en savoir plus
C’est une partie des actes de cette EuroLesboPride que vous trouverez ci-après :
Lesbiennes, gays : même combat ? Le choix de la non mixité
Combien de temps le mouvement LGBT va-t-il pouvoir se cacher derrière son petit doigt ? Par Christine Le Doaré
« Les LGBT vont-ils s’adapter au système ou le changer ? Mixité, diversité, comment se rejoindre un jour ? Depuis que l’homosexualité est devenue une question de société, nombre de gays se sont désintéressés des questions d’égalité réelle entre les femmes et les hommes et du féminisme. Il semble qu’ils en ont déjà fini d’interroger leur propre misogynie ? Le mouvement n’a t’il de LGBT que son sigle ? En matière de discriminations et de violences, d’égalité des droits (mariage et adoption), on peut considérer
qu’il y a bien une transversalité de luttes. Mais déjà, en matière de GPA (gestation pour autrui) c’est moins évident, comme à chaque fois qu’il est question de l’appropriation du corps (des vies en réalité), des femmes. Toutes les autres revendications ne se recoupent pas et les problématiques spécifiques des lesbiennes, en général, n’intéressent pas les gays. »
La non mixité : un pari pour bâtir une mixité moderne à l’aune des valeurs de l’égalité
Intervention de Bernadette Doleux
« Cette revendication de la non mixité suscite beaucoup l’incompréhension, voir beaucoup d’hostilité. La mixité est associée à l’ouverture, à la richesse des différences, à celle de la complémentarité des sexes, de la diversité etc…, la non mixité elle, fait référence à un combat d’arrière garde, à une attitude discriminatoire, à un entre soi pathétique. On peut s’étonner de l’agacement des gays qui sont habituellement peu présents et peu investis dans les débats concernant les problématiques des lesbiennes mais il nous faut également remarquer et entendre les propos négatifs des femmes autour de cette non mixité. »
La lesbophobie, un terme pour nommer, des actions pour l’éradiquer ici et dans le monde
Intervention de Marie-Joséphe Devillers
« Forgé par la Coordination Lesbienne en France, le concept de lesbophobie est né à la fin des années 90 par réaction à l’invisibilisation des lesbiennes avec le terme faussement universaliste d’Homophobie. Puis il a fait son chemin dans les milieux militants pour passer ensuite dans les médias qui, en 2010, ont, pour la première fois assez largement les procès de Segré et Epinay sous Sénart : deux cas patents de lesbophobie. Nous disposons aujourd’hui, il est vrai, de moyens d’action au plan juridique pour nous battre contre les violences lesbophobes, et les organisations se mobilisent et agissent au quotidien : sensibilisation en milieu scolaire, soutien financier à celles qui ont le courage de porter plainte. Car tout n’est pas gagné. Et notre solidarité lesbienne est aussi mobilisée partout où le lesbianisme et l’homosexualité sont criminalisés. »
Cultures lesbiennes : anticorps de l’acculturation main stream
Par Jacqueline Julien
« Comment résiste-t-on à une intoxication ? En connaissant son antidote. C’est là que se situe le travail de la pensée : concevoir puis identifier l’antidote à une intoxication – mentale, sociétale. Politique. De son côté notre corps possède ses anticorps. Je ne vous apprendrai rien, le corps lesbien détient ses propres anticorps. Puissants. Le corps lesbien est capable d’exprimer sa résistance souvent dès l’enfance, puis dès l’éveil des désirs. Aussi, faut-il le souligner : la pensée lesbienne procède de ce corps lesbien en tant qu’il est, de facto, notre premier… facteur de sa résistance. »
Les lesbiennes dans la tourmente de la deuxième mondiale
Par Eve Pascal
« Pourquoi ce document, pourquoi ces recherches, pourquoi après tant d’années en parler encore ? Je suis née en 1939 et ce passé me bouleverse toujours, je le porte dans mon cœur et il ne cesse de m’interroger. Il y a des silences que je trouve d’une grande violence au sujet des lesbiennes victimes, au même titre que toutes les victimes, de cette période de barbarie extrême. J’ai découvert très tôt les premiers documents, les premières photographies des camps nazis, et entendu des récits effroyables. J’ai vu des déportés revenir dans un état physique et moral indicible. L’horreur du fascisme, du nazisme, et de ce que furent les camps de concentration, m’a été inculquée très fortement par ma famille, de même que l’attachement à la démocratie et le rejet de toutes formes de dictatures, politiques ou religieuses. »
Renée Vivien (1877-1909), évocation d’un parcours poétique
Conférence de Lucie d’Ervée
« Les vers de Renée Vivien que nous venons d’entendre traduisent
l’élan d’une ambition glorieuse entremêlée d’un sombre pressentiment. Son œuvre sera à l’instar de celle de Sapho, couronnée de gloire de son vivant, ou vouée à l’échec. Ce poème visionnaire, publié en 1903, décrit cette trajectoire de météore qui effectivement se confond de manière prémonitoire avec la courbe de son destin. La problématique : Renée Vivien a toujours eu, et dès le départ, des admirateurs éclairés parmi les lettrés. Son talent remarquable a été remarqué et son génie n’a rien à voir avec celui des poétesses de son époque. Son auditoire reste circonscrit à un petit nombre de lecteurs et elle reste encore aujourd’hui méconnue. Pourquoi un tel ostracisme ? »
