Présentation

Les cérémonies de la déportation à Marseille

Dès 1995 les associations LGBT se sont mobilisées à Marseille pour s’associer de la Journée du Souvenir des Héros et Victimes de la Déportation.

Nous voulions, enfin, lever la tête, sans crainte de parler de la déportation homosexuelle devant les autorités préfectorales, les élus, les associations de déportés et d’anciens combattants qui nous regardaient de haut.

En 1995 c’est le Collectif Gay et Lesbien Marseille Provence regroupant plusieurs associations (en particulier Centre évolutif Lilith, Comme ça, David et Jonathan Or Hadarom, Mémoire des sexualités) qui a pris la décision de déposer une gerbe après la cérémonie officielle.

Nous avons longtemps été cantonnés à cette portion congrue, malgré les contacts que nous prenions patiemment avec les autorités et les associations de déportés et d’anciens combattants. Les uns et les autres se renvoyaient la balle dans un contexte immuable pour eux depuis 1954 concernant ces cérémonies officielles.

Nous étions d’année en année plus insistants, plus présents et surtout plus visibles car la presse parlait de “notre cérémonie” marginalisée. De plus en plus d’élus et de public restaient pour nous accompagner, après la cérémonie officielle.

2003 a été un premier tournant avec la venue de Pierre Seel à Marseille, sa notoriété a contribué à faire éclater l’imposture d’une cérémonie qui excluait les homosexuels.

Cette année-là, l’apparition d’une nouvelle association (les ODLM) quelques jours auparavant en récupérant à son compte la venue de Pierre Seel et en occupant une grande place lors de la cérémonie a quelque peu terni cette évolution. Aussi l’année suivante Mémoire des sexualités ne voulant pas afficher publiquement une quelconque zizanie parmi les homosexuels pour cette cérémonie a laissé la place aux ODLM. Mais ils n’ont pas pris le relais, aussi n’y a-t-il pas eu de dépôt de gerbe en 2004.

Dès 2005, il a fallu reprendre le terrain et les contacts perdus. Les LGBT sont venus toujours plus mobilisés.

En 2007, nous avons pour la 1ère fois été autorisés à siéger en préfecture pour l’organisation des cérémonies commémoratives officielles.

Et en 2009, fort de notre ancienneté de 15 ans et face à l’injustice de notre marginalisation qui perdurait, nous avons saisit la HALDE (Haute Autorité en charge de la lutte contre les discriminations et l’exclusion), celle-ci s’est prononcée le 13 septembre 2010 de la façon suivante : ” Le Collège de la HALDE recommande au Secrétaire d’Etat aux anciens combattants de veiller à ce que, dans les prochaines circulaires liées à l’organisation de la Journée Nationale du Souvenir, les préfets se voient rappeler que les associations honorant la mémoire des déportés à raison de leur orientation sexuelle doivent être invitées, au même titre que les autres associations de déportés .”

Nous avons gagné notre place dans la cérémonie officielle !

Ainsi depuis 2010, nous sommes présents, et la gerbe du Mémorial de la Déportation Homosexuelle est publiquement annoncée.

Nous donnons ici de nombreux éléments d’information sur ces cérémonies depuis 2000. Et nous ajoutons des informations précieuses sur les deux déportés homosexuels Pierre Seel (mort en 2005) et Rodolf Brazda (mort en 2011), sur Jean le Bitoux (mort en 2010), pionnier de ces cérémonies de la Déportation à Paris, accompagnateur principal de Pierre Seel et fondateur du Mémorial de la Déportation Homosexuelle, sur Magnus Hirschfeld contraint à l’exil par les nazis – que nous avons honoré en 2010 en nous rendant sur sa tombe à Nice et en éditant une plaquette pour le 75ème anniversaire de se mort dans cette ville – ou encore sur l’exposition réalisée par le Mémorial de la Déportation homosexuelle en 2013.

Enfin nous avons rassemblé

– le Rapport du colonel Mercier de 2001 (mettre lien hyper texte)

– la décision de la HALDE de 2010 (mettre lien hyper texte)

– une chronologie utile de documents concernant la déportation homosexuelle (mettre lien hyper texte)