Pierre Jolivet de Thorey

 Décès de Pierre Jolivet de Thorey (6 mai 2020)

Hymne à la terre (lu par Bernard Pollet)

… Je te salue, ô Terre, ô Terre porte-grains,
Porte-or, porte-santé, porte-habits, porte-humains,
Porte-fruicts, porte-tours, alme, belle, immobile,
Patiente, diverse, odorante, fertile,
Vestue d’un manteau tout damassé de fleurs
Passementé de flots, bigarré de couleurs.
Je te salue, ô coeur, racine, baze ronde,
Pied du grand animal qu’on appelle le Monde,
Chaste espouse du Ciel, asseuré fondement
Des estages divers d’un si grand bastiment.
Je te salue, ô soeur, mere, nourrice, hostesse
Du Roy des animaux. Tout, ô grande princesse,
Vit en faveur de toy. Tant de cieux tournoyans
Portent pour t’esclairer leurs astres flamboyans ;
Le feu pour t’eschauffer sur les flotantes nues
Tient ses pures ardeurs en arcade estendues ;
L’air pour te refreschir se plait d’estre secoux
Or’ d’un aspre Borée, or’ d’un Zephyre doux ;
L’eau, pour te destremper, de mers, fleuves, fonteines
Entrelasse ton corps tout ainsi que de veines. …

Guillaume de Saluste Du Bartas   1544 – 1590

 La Première Semaine, Le troisième Jour

 

Intervention de Christian de Leusse dans l’église   :  Obsèques de Pierre Jolivet de Thorey, Barjols 11 mai 2020

Cher Pierre

Je commence en évoquant la belle histoire de 1971 où tu as rencontré sans le savoir Jean Le Bitoux. Je t’en parlais il y a 3 semaines. Tu as aidé celui qui est un peu notre modèle militant à assumer ses choix et sa vie. Il se souvenait de ce garçon aux chaussures jaunes qui lui évoquait l’Italie. Tu as su l’accueillir, comme l’oiseau sorti du nid.

            Et puis j’en viens au 40, voire 43 ans, qu’a duré notre amitié.

  • Les années GLH lumineuses, tu en étais l’une des lumières avec ton bracelet berbère et tes couleurs claires.

Belles années de construction de notre courage personnel à travers celle du courage collectif.

  • Les années Régates qui prolongeaient un peu le GLH, l’amitié et le plaisir de se voir, qui étaient aussi pour moi des années de solitude. Où tu m’accueillais à Barjols, où tes parents merveilleux, mais aussi Bernard et tes sœurs. Moments privilégiés de balade et de détente dont j’avais besoin.
  • Tes années de cancer, 14-15 années où tu t’accrochais avec une énergie qui faisais notre admiration, tu étais âpre parfois mais on te pardonnait, nous avions besoin de cette solidarité nous aussi. Avec toi nous restions un pôle de ralliement le jeudi puis le mercredi pour plusieurs autres.
  • Ta résurrection, tes années de résurrection où tu partais la fleur au fusil, si heureux de vivre, de revivre, d’amer, de désirer, d’apprécier, mais surtout ta grande force d’aider les autres à se revaloriser à leurs propres yeux parce que tu les aimais.

ça nous fait un coup dur de te voir partir si vite alors que justement tu avais si bien repris ce goût à la vie.

Toi le gentleman, toi le dandy.

Christian de Leusse

 

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