Maya Surduts, née le 17 mars 1937 à Riga en Lettonie et morte le 13 avril 2016 à Paris, est une militante féministe française. En savoir plus
« Maya Surduts, Un féminisme de luttes », propos recueillis par Margaret Maruani et Rachel Silvera, parus en 2013 dans Travail, genre et sociétés
« Voici un portrait qui invite au voyage : suivre le parcours de cette figure incontournable du féminisme français, cette femme dont la vie est un vrai roman nous emmène aux quatre coins du monde. Fille de juifs estoniens, intellectuels et communistes – nous sommes dans les années 1930 – elle sera une immigrée permanente. Enfant, elle a été ballottée de Riga à Paris, en passant par l’Isère et l’Afrique du Sud. Adulte, elle a vécu en Suisse, aux Etats-Unis, puis à Cuba avant de revenir à Paris dans les années 1970… Elle a été témoin de la seconde guerre mondiale, des déportations, elle a vécu et soutenu l’espoir de la révolution cubaine – et tout cela, avec une force de conviction incroyable. Toujours et partout, elle a été du côté des luttes : avec le FNL pendant la guerre d’Algérie, avec les mouvements Black lors de la Marche sur Washington avec la révolution cubaine pendant huit années. C’est au début des années 1970 qu’elle revient à Paris pour engager toutes ses forces militantes dans le féminisme.
Sa vie personnelle et l’Histoire s’entremêlent. Ainsi en est-il par exemple de son combat pour le droit à l’avortement et à la contraception qui puise à son expérience personnelle.
On apprend ici comment les courants politiques des années post-68 ont croisé la cause des femmes, non sans heurt. On redécouvre aussi à quel point en France le féminisme de ces années-là s’est inscrit d’abord dans la liberté de disposer de son corps avant la parité politique ou l’égalité professionnelle.
Maya surduts a été une des fondatrices de la CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) en 1990, puis du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes) qui regroupe en 1995 des associations féministes, des partis de gauche et des syndicats.
Au-delà de ce témoignage personnel très fort, c’est aussi les dangers du « féminisme d’État » que Maya Surduts dénonce. Elle n’a pas cessé de se battre, pouvoir à gauche ou pas, pour que le féminisme – en tout cas sa vision du féminisme – reste totalement indépendant, critique face à tous les pouvoirs. Dans toutes les causes qu’elle défend, on retrouve ce désir de radicalité – la force de la rébellion permanente. »
