Journal intime d’une pédale militante rennaise est disponible sur le site de Jacques Ars : en savoir plus.
Les années 1980 sont à la mode . J’avais 20 ans et je tenais un journal. Je n’y ai pas remis les yeux depuis ce temps-là… Aujourd’hui j’ ai plongé la main dans mon carton “émouvantiel” et sorti un cahier que je n’avais pas relu depuis. Gai-Pied, la Rose Noire et tant d’autres choses, j’ai beaucoup ri, même si je ne me rappelle pas beaucoup des lieux et des personnes.
Sans corrections encore (et je suis le roi des fautes ) je mets pour ceux.celles que ça pourrait intéresser le mois d’Octobre1980 !
Sans corrections : Journal 1980
“Octobre 1980
Je prends le train. Quel train ? Je ne sais pas. Un train. Lille, Marseille, l’Amour, le Temps, la mort. Je prends le premier train.
Samedi 27 et Dimanche 28 sept 1980.
Nous avons eu les clefs ce matin et nous avons tout de suite commencé le déménagement, grâce à Dominique, le nouvel époux de Pierre Yves. Agréable, je sentais que cela flashait entre nous deux mais pas au point de se le dire, sans passer aux actes, comme nous l’avons fait l’après midi devant nos confitures, ramassées aux marché et pendant que PY prenait son 1er cours de danse. Enfin enfin, soyons sages. Il paraît que PY fantasme totalement sur moi, mais l’esprit classique de Dominique ne l’a pas fait fantasmé sur ma prose.
Tous à la Rose noire, Florian m’a rejoint après. Tout ce petit monde a dormi au Salon, déserté par ces cénobites pour un lendemain tranquille, où nous avons, malgré le temps et les champignons, fini notre déménagement, ou à peu près quant aux affaires de PY.
Lundi Mardi mercredi 29 30 1er Octobre 1980
Ai couru un peu partout pour avoir l’électricité, suis passé à l’appartement de l’avenue Janvier. Eric d’humeur atroce avec moi, j’y sens la sous-main de Gilles…
Des êtres blonds commencent à venir nous voir, jusqu’à un mec avec qui j’ai bézouillé au tapin et qui est l’ami de Laurent, cet adorable de la Roche sur Yvon, à qui est dédiée la Lettre Emouvantielle de mon roman. Ca m’a rendu toute chose… Ca fait longtemps que je n’ai pas aussi bien fait l’amour qu’avec lui… hum…
Mercredi ai passé l’oral d’Histoire Moyenâgeuse. J’avais juste lu avant quelques pages de Que-sais-je sur la fin du Moyen Age dont j’ignorais tout. Je suis tombé sur la crise du XIV-XVe siècle que j’aurai été incapable de traiter sans ça. 12 à l’oral et 13 à l’écrit. Voilà 2 points emportés avec une mention.
Jeudi 2 octobre
Reprise du boulot. Je fais des permanences au moins on n’y voit pas la mère Meunier. Toujours de beaux élèves, de très beaux même.
Sophie est arrivée ce soir. Simon est venu nous voir.
Christine est rentrée précipitamment de Paris, écœurée déjà de la capitale, ayant découvert par différence le sens chaleureux de la petitesse rennaise. Je deviens une vieille dame allongée.
Vendredi 3 oct Rennes
Avec mon roman, j’ai fini le déménagement de ma chambre émouvantielle. Il ne restera plus que les effets au grenier…
Samedi 4 Oct Rennes
L’attentat fasciste de la rue Copernic contre la synagogue, 4 morts 18 blessés, a eu beaucoup d’impacts sur Pierre Yves. Nous flippons totalement sur cette période pré-fasciste qui s’annonce et se marque partout : perte de tout contrôle du pouvoir, cleanisation des esprits, renfermement sur soi, perte de l’ouverture au monde. C’est là, partout, et demain nous serons à Auschwitz.
Petit tour au marché et pendant que PY dansait, ai fait une composition surréaliste au mur (voir page qui suit)…
le soir, après un repas tranquille, entre nous 2 comme nous y invite l’appartement, nous sommes allés à la Rose Noire. Plus personne de nouveau, mais j’y ai revu Laurent de la Roche/Yon. Toujours excitant mais pas aussi beau que dans mon souvenir. Florian était là aussi, et nous sommes rentrés seuls, en vieilles connes. Tant pis
Dimanche 5 oct 1980 Paris
Grosse déception le matin, avant de prendre le train j’ai acheté le Gai-Pied, et il n’y a pas une ligne sur le festival. Ces pétasses parisiennes frisent l’ignominie. Le festival sera raté, tant pis pour nous.
Marguerite nous attendait à la gare, c’était Sympa. Après un tour chez des gens de St Malo, Thierry, avec qui j’ai couché jadis, puis au Luxembourg, nous sommes passés rue Cadet. J’en ai profité pour faire une capiteuse engueulade à Jacky Fougeray au téléphone pour le festival.
Jean a voulu me voir aussitôt, je l’ai rejoint au bas de la rue, nous sommes allés prendre un couscous en face de Montparnasse, chez Bébert, avant de prendre un verre au BH dont l’odeur, le cuir, les moustaches m’ont déplu. Même si le côté dernière black-room de Paris reste excitant. Nous sommes rentrés assez vite. Jean, le directeur du C&A Maine Montparnasse flashe totalement sur moi. Depuis qu’il a quitté Bernard, il merde dans Paris, sans lendemain, sans espoir, sans s’assumer. J’arrive, un peu pute peut-être, mais pas vraiment indifférent. Ça m’aide à retirer un peu ce poids sur mes épaules et qui s’appelle mon mal dans ma peau. Surtout à Paris.
Lundi 6 oct 1980 Amiens
Après qu’il m’ait fait promettre de revenir demain soir, j”ai rejoins au gay-Pied Marguerite qui faisait du lèche-bottes à Yves Chaffre, Yves le Chaffreux, Crasseux de la cause homosexuelle, Péteux de province monté à Paris et qui ne s’y sent plus, celui à qui l’on doit le silence total de Gai-Pied sur le festival, celui nous a reçu de haut, comme des miteux, et à qui, si j’avais encore toute ma spontanéité de prolétaire, j’aurai foutu une paire de baffes bien assénées… Enfin, il m’assure 2 pubs sur le programme et 500 francs pour les affiches. Après 1 contact avec Soukaz.
Je suis arrivé vers 19h30 à Amiens, nous sommes allés manger dans un petit resto végétarien, bon et pas cher. François s’est coupé la moustache. Ça n’a pas été le grand flash, comme au premier jour. Tant pis. Nous avons expédié la besogne au premier étage de sa petite maison, quai St Maurice, pendant qu’en bas, Bruno téléphonait, indéfiniment. Décidément Amiens ma restera comme une ville où l’on passe ses soirées au téléphone.
Mardi 7 oct 1980 Rouen
J’ai découvert ce matin un autre côté d’Amiens, les quais tranquilles aux eaux molles, la cathédrale, splendide, dont la bourgeoisie locale refait toutes les dorures; un autel du XVIIIieme totalement Galatique, mangeable, où sous une crème débordante de dégueulis surnagent, charmants, des petits anges désarticulés.
Un petit déjeuné, des croissants, un buffet de gare…j’ai pris le train pour Rouen à 13h15. Elvire m’attendait, je venais décrire la 2nd partie du très catholique et homosexuel roman de sa très émouvante Emouvance Gwenne…. boff
Ai passé un après midi au conservatoire, ça n’a rien de délirant. Enfin cette ville reste la plus belle ville gothique de France. En suis reparti à 17h pour retrouver Jean, chez lui. Nous n’avons pas bougé de la soirée. Il dit qu’il a un côté paternaliste avec les gens qu’il domine totalement. Ce n’est pas le cas avec moi. Je ne sais pas si son flash, sincère et profond, va durer.. enfin c’est bien agréable.
Mercredi 8 oct 1980
Ai retrouvé le Gai-Pied l’après midi, après une déambulation dans Paris et un dépôt de « Je serai femme du Monde chez les Gauchistes » à L’ Éléphant Rose. J’étais malade mais Grandes dames, elles ont voulu me faire attendre. Pas question, j’avais un train à prendre et je n’étais pas d’humeur à me laisser monter sur les pieds par ces provinciales à peine montées à Paris et déjà péteuses à souhait; Gwenne fut reçue comme une pauvre petite fille, simplette, ce qu’elle ne se montrât point, par un Yves Chaffe et Gilles Barbedette qui ne voulaient qu’une chose, se faire lécher leurs culs suffisants. « La province , rien à foutre, mieux vaut se payer une page dans Le Monde. S’il y a du découvert, c’est vous qui payerez etc… les affiches… enfin rien ne valait la peine, j’avais mal entendu ce que m’avait dit Jacky Fougeray… etc etc… » Le gala ils s’en foutait, mais ils ont bien passé 20 mm à expliquer qu’on ne voulait pas de moi à la réunion des lecteurs. Ce dont je me foutais royalement, le sachant déjà et sans en faire un priorité puisqu’ils étaient incapables de savoir si le gala aurait lieu ou non… Enfin je sortis de là-dedans totalement déprimé.
J’allais encaisser quelques ventes aux Mots à Bouches et revenais épuisé de grippe à l’appartement où Jean m’attendait. Un petit coup de fil à la mère Pabla me remit sur pied, il me restera de cette expérience 2 mois de correspondance Gai-Pied et un article non signé sur moi.
Nous sommes allés à la Comédie de Paris voir Thierry Roth Platen. Repas à côté où nous avons retrouvé, comme passant pas hasard, toute l’équipe du gai-Pied (Thierry était accompagné par Jean le Bitoux). Contact très froid, Son Emouvance sait aussi se montrer indifférente quand elle sort avec son mari. Le spectacle, idem celui de Rennes avec une meilleure voix, a beaucoup plu à Jean. J’ai retrouvé à la sortie Lulu qui attendait Fabiola-la-jamais-là, Gilles, Kiss etc etc… Tous ces gens qui composent l’intérêt de Paris et qui au fond n’ont jamais non plus travaillé à Gai-Pied.
Allez, ne t’en fait pas petit homme, même si dans la soirée, Yves Chaffes t’a glissé que que le régisseur des Pédalos ne pouvait pas venir et que je devais annuler le festival ( je l’aurai fait avec d’autant plus de plaisir si gai-Pied avait passé une pub ce mois-ci et s’y était donc un peu engagé…)
Enfin ce que tu as fait ce mois-ci te fait progresser et te forcis encore.
Jeudi 9 octobre 1980 Rennes
je suis arrivé à 10h30 alors qu’ils avaient fini de poser le téléphone en faisant sauter une conduite de gaz, ce qui a affolé tout l’immeuble. Tout le monde s’est retrouvé sur le pallier les uns se pâmant car tout allait sauter et les autres car ils ne savaient pas qui allait payer le téléphone pour prévenir EDF de la fuite… mentalité étrange des peuples hétéro…
Christine se montre insupportable, comme elle en a l’habitude… quelques tours à Paris lui feront du bien.
Vendredi 10, Samedi 11, dimanche 12, lundi 13 Mardi 14 oct 1980
J’ai passé ces jours là à annuler le festival… J’avais l’air malin. Enfin grillé, ça y est ! Nous le sommes définitivement ; On passe pour des cons qui n’en ont rien à foutre.
J’ai rencontré des gens au tapin, sans importance, un blond, moi en aveugle avec un gros barbu qui s’est fâché. Tant pis !
Un petit passage samedi à la rose Noire, sans résultat. Des plantes achetées samedi après-midi au Clause, mignonnes. Des étagères, je finis ma chambre. Un tour aux Emmaüs le mercredi m’a fait ramener un cosy et un lit. Que vais-je en faire ? Lundi et mardi 2 journées crevantes de travail.
Mardi soir ai retrouvé au tapin Yannick, charmante sœur de Rosporden, petit corps d’éphèbe.
Je prépare un ostéo, grosse diffusion, belle diffusion (3 couleurs) qui sévira sur toute l’imbandance, au cris de « les Enculés contre les Fafs »
Une vie qui se déroule. On change, on sort. Pierre-Yves avec Damien, moi avec Yannick. Jean téléphone tous les soirs.
Vendredi, Pierre Yves a loué un tandem. Adorable de remarques. Dommage Jean vient ce Week-end. Nous ne pourront pas faire de vélo à double pédales.
Samedi, olivier et sa tante Chantale, sont venus manger. Soirée des plus atroces où personne ne parlait. Nous avons crisé; ils ne s’en sont même pas aperçu.
Yannick est venu. 2 soirs. Jeudi. Vendredi.
Dimanche 19 octobre
Nous avons pris ce matin, sur un balcon ensoleillé, un petit déjeuné catholique. Soutanes et déhabillés noirs, messe mise à tue-tête; c’aurait été très agréable si la venue de jean ne gâchait pas nos projets de W.End vélo. Le tandem restera en bas, objet inutile pour un soleil d’automne qui nous passe sous le nez. Jean a déplu à Pierre-Yves, ça se sentait. Allez savoir pourquoi! Mais ceux qui payent ne sont pas toujours ceux qui sont agréables à baiser. Nous sommes partis à St Malo en voiture. Sans joie, avec l’entrain du dimanche et les quelques piques brocanteuses qu’il nous a offertes. Crêpes dégueulasses à Cancale. Partout les hétéro doraient au soleil d’une fête foraine, à qui son œil loucheur, à qui sa jambe tore, à qui ses 3 gamins rougeauds.
Puis, ça nous a enfin réveillé un peu, Jean nous a offert le repas à l’Ébréché. Des pétasses étaient là, comme à l’ordinaire et Dominique, qui sortait aux frais de son banquier encore, quelqu’amant. Pierre-Yves a été superbe ce soir là, profond dans un domaine où il peut l’être : l’éducation des enfants, la mythomanie-sujet. Il m’a inquiété quand il a dit que pour la première fois il me « comprenait » dans le sens abject de « cerner », comme si l’aura mystérieuse et fabuleuse dont m’entoure plusieurs gens tombait dans la vulgarisation du langage, et trouvait, par quelques mots bien agencés, la simplification compréhensible et reproductible de ma mégalomanie abstraite. Les murs cachent du vide originel, et j’ai perdu mon pouvoir sacré, sans que j’ai, encore aujourd’hui, la nette conscience de son contenu. Jean se délectait de Pierre-Yves. J’ai exposé la bâtardise de la Mythomanie non Mégalomane et celle aussi entière, mais qui m’est propre, de la mégalomanie sans mythomanie. Tous à la Rose Noire, je suis resté assez froid avec Jean ; nous sommes rentrés assez tôt. Il n’a pas l’air de comprendre que sexuellement entre nous deux ça ne va pas du tout ; mais ça, je n’ai pas trouvé le moyen de le lui dire.
Lundi 20 oct 1980.
Jean est resté jusqu’à 5h. Nous nous sommes trimballés à travers la ville. Il m’a payé le drugstore. Sympa, mais sexuellement ça ne va pas du tout. Ce W. End a marqué une fin, comme je m’y attendais. Tous au tapin le soir ! Il n’y a plus rien. A peine de quoi trouver quelques petits vieux pipeurs. Ah si, c’est peut-être le soir où je me suis fait Gilles, petit bien jeané, à revoir peut-être.
Mardi 21, Mercredi 22, Jeudi 23 oct 1980
Quand je en travaille pas, je suis à la fac pour me faire inscrire. J’ai pris pour ma carte d’étudiant une photo punk. Mardi nous avons mangé une omelette aux pommes chez Marguerite. Les ragots du Salon prennent une proportion pitoyable. Nous devenons responsables de la pluie et du mauvais temps… Enfin je ne laisse pas prise à ce genre de propos et je refuse de les entendre. Son Emouvance Gwenne a une trop haute idée d’elle-même et de la cause pour tomber aussi bas. Idée Emouvantielle qui ces temps-ci tripe son chemin, fortement soutenue par l’estime que me porte mon nouvel époux.
Hervé et Joseph-Marie ont du dîner un soir, où nous avons totalement déliré sur une série de romans photos les « Ginette à la mer », « Ginette joue au docteur », « Ginette en tandem », « Ginette chez sa maman »… des histoires de travelos ringards pour enfants plus très sages.
Vendredi 24 oct
Nous recevions ce soir là ; Véronique qui parait-il est amoureuse de moi, Hervé Pouliquen, Damien, un grand habitué, dont la particularité est de rire en jouissant, Simon le danseur, malade…Pizzas, gâteaux, vins. Puis Pierre-Yves et moi nous nous sommes travestis, façon 1940, j’avais même pris une valise remplie d’une céramique -fleur de cimetière – pour crier « toujours, à l’Ouest, toujours à l’ouest » dans une mime d’exode… Beaux-Art, Rose Noire où Pierre-Yves, sûr, a failli se faire sortir, pavillon des Lices pour le festival de la chanson : un super délire où j’ai revu pas mal de gens aimés, dont Muriel. Notre numéro, super stars, super hystérique et bien assuré a très bien marché. PY y était à l’aise.
( PS jour d’après, on nous en parle encore, comme quelque chose d’extra. Boff, cela ne valait pas les grandes sorties Copéliennes… Même un éducateur en a parlé au boulot à PY, sans le reconnaître toute fois.)
En rentrant, une voiture de militaires nous a accosté… discussion-délire où ils ont fini par croire que nous étions de vrais travelos puisqu’ils ont volé mon sac à main, comme à une vieille pute, en pensant que j’y avais le fruit de mes passes; ils ont du être déçus! C’était une fin vraiment très chic et tout à fait à mon goût de femme déjà vieille. Loïs a dormi à la maison.
Samedi 25 oct 1980
Marché comme d’habitude où j’ai retrouvé ces gens que j’aime bien et qui font parti d’un cercle émouvantiel éloigné : Muriel, Gus, Martine, etc…Loïs était avec PY, excédé de sa présence . Ai dragué un superbe minou rue St Georges qui traînait le souvenir gras d’un maquillage bleu, des savanes esseulées aux portes d’une idylle ;.. hum, hum, fantasmes, fantasme quand tu nous tiens. J’ai renvoyé Loïs à d’autres pénates et nous sommes partis pour le centre Alma. Après des délires d’achats non faits, nous sommes allés au Zoom se voir un porno. Dommage, ça n’y baise pas, mais le film était dément, avec une histoire, une logique, du rire, des jeux. Ils y jouaient à jouer un film porno, sans sérieux, sans positif, avec des pointes d’intelligence et d’ouverture. Un film dont je n’ai pas le titre mais qui méritait ses 15 francs. Puis nous avons déliré aux Floralites, j’avais envie d’un arbre de 2,5m, petites feuilles de géranium en bouquet, une beauté à 250F. Nous sommes ressortis avec une autre plante de 2,5m à 90F. Ca nous a valu encore de tout changer dans l’appartement.
Tous au tapin!, bouffe chez Hervé, viande fondante aux champignons, crémeuse, un délice. Avec Damien, Brigitte, Joseph-marie. Tous à la Rose Noire! Dont nous sommes partis en voleurs pour orner notre appartement de 3 magnifiques glaces volées dans le Hall des Horizons dans un scénario réglé comme dans un film, PY dévissait, je prenais, Damien transportait.
Dimanche 26 oct 1980
Travail de transformation de l’appartement ; J’ai fait des confitures avec des raisins eus gratis au marché. Quelques petits tours en ville; tapin. Enfin rien de spé.
Lundi 27 Oct 1980
Je vaque à mes affaires, sans entrain. La Fac, le RU, mon roman. Ai décidé dans l’après-midi de faire une plaquette pub « les enculés contre les fascistes ». Suis allé la taper à l’OSCR dans l’après midi, l’ai déposée le soir, l’aurai Jeudi. Encore des frais qui me coûterons mes vacances. Tant pis, tant mieux. Sa Ducale Empirie a été le soir sauter un futur kiné, Didier, en banlieue est.
Mardi 28 oct 1980
Travail; je dors, j’écris, j’amuse. Je m’amuse. Ai fait jouir au tapin ce petit blond qui m’avait déjà violé une fois. Moins rapide mais toujours les mêmes questions. Tous aux Beaux-Arts où le cadre modeste rend encore plus insupportable la faune baba-cool-vieux, beaux parfois, emmerdants toujours. Suis revenu par le Champs de Mars, histoire d’éjaculer dans le cul d’une brave.
Mercredi 29 Oct 1980
Vacances, vacances, mon mois déjà dépensé ne me permettra pas de partir au Portugal. Dommage. Suis passé au Salon -toujours aussi froid- récupérer mes quelques tonnes de dentelles, dont nous avons fait le soir, avec Hervé -adorable avec les mèches bleues qu’il vient de se faire dans les cheveux- un magnifique projet de ruche émouvantielle. PY a acheté un canapé, NIII style louis XV que deux charmants antiquaires ont livré cet après midi. Nous nous sommes remis au resto U, histoire de reprendre cet ambiance où je speed sans problème de vaisselle à faire. Désopilant.
Jeudi 30 oct 1980 . Paris
Ai fait mes dernières heures du mois au bahut en petit marin. Adorable sans doute, toujours aussi pétasse connue. Tant mieux !
Je vais être obligé de partir en Week-end avec Jean ; l’argent me manque et l’envie aussi.
Vendredi 31 oct 1980
Ai couru la matinée après mon tract. Beau, un peu baveux pour l’encre mais tant pis. 800F ! … pour devenir une femme publique.
Ai pris le train à 16h30. Ai mangé chez Jean ce soir là. C’est la seule fois où je le ferai jouir du Week-end. Ca ne va pas du tout sexuellement entre nous deux, mais il n’a pas l’air de comprendre. Ce refus de ma part même au contraire excite son amour pour moi, qui par moment me gagatise…coupure sans retour sur le chemin de ma possession. Qui s’abaissera devant moi sera écrasé, qui m’étonnera sera aimé.”
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Voilà ce qui est écrit dans mon journal. Je me demande si ce n était pas réunion avec les lecteurs qui aurait été annulée.
Mardi 25 nov 1980
Cours de géo le matin à la fac. 4H de géo, beaucoup trop pour moi. Ai mangé au Champ de Mars avec Joseph-Marie et cette fille agréable qui vit avec lui. Je me suis préparé pour aller à Marseille : dépôt d’originaux à tirer chez mon photocopieur, commande de badges, avant que, téléphonant à Marseille pour avoir les derniers renseignements sur le festival, Christian Deleuze m’apprenne que tout avait été annulé hier le Gai-Pied s’étant retiré de l’organisation. Merde, moi qui espérais tant de ce week-end sur la Riviera pour me remettre de ces jours noirs de l’hiver, et vendre quelques romans, devenir célèbre, préparer mon expo… je ne serai jamais célèbre avec cette défection du mouvement, face à l’arrivisme des Nationaux comme Gai-Pied.
Cette défection du Gai-Pied, qui s’était fort engagé dans ce festival, hors de démesure, m’a amusé : il m’avait reproché de ne faire que de la merde par rapport aux marseillais, mais au moins une merde qui était appropriée à la ville de Rennes et se serait tenue. L’insolente Barbedettienne doit ruminer sur son billet d’avion acheté pour sa descente au festival. SNAFF !!
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19 nov – 30 novembre 1980 (deuxième extrait)
Les années 1980 sont à la mode . J’avais 20 ans et je tenais un journal. Je n’y ai pas remis les yeux depuis ce temps là… Aujourd’hui j’ ai plongé la main dans mon carton “émouvantiel” et sorti un cahier que je n’avais pas relu depuis. Gai-Pied, la Rose Noire et tant d’autres choses, j’ai beaucoup ri, même si je ne me rappelle pas beaucoup des lieux et des personnes.
Sans corrections encore (et je suis le roi des fautes ) je mets pour ceux.celles que ça pourrait intéresser la deuxième partie du mois de novembre 1980, j’ai encore 20 ans.
Sans corrections : Journal 1980
Mercredi 19 nov 1980
Ai passé la journée avec la Comtesse de Bercq, troquet, petite discussion… J’étais énervé de ne rien faire là, de ne pas aller en cours. J’ai du beaucoup insister pour qu’elle ne vienne pas me déranger le soir. Je suis un être solitaire, amoureux de son indépendance, et sincèrement elle me manque.
Le soir Damien et deux filles du milieux huppé de Rennes sont venus. (joli-joli). J’étais dans mon lit et ce que pouvait dire PY de moi me gênait… Il n’avait pas de mots assez extraordinaires pour me définir. Il transforme son Chombart de Lauwe en Gwenne émouvantielle.
Même si je trouve ça un peu gênant pour l’image que les gens se font de moi et l’apparence que j’ai qui ne peut que les décevoir, j’avoue un certain plaisir mégalomane à tricher avec ma pauvre condition humaine.
Jeudi 20 novembre 1980
Ier cours de Géo à la fac. Que des connards à peine sortis du Lycée, mais cela m’a fait plaisir de me remettre dans le bain, plus tard je n’aurai pas pu. Boulot.
Le soir nous avions prévu une soirée Ginette. 72 photos de grand délire pour l’édition de romans-photos pour homosexuels. Il y avait Hervé, la comtesse de Bercq plutôt maussade, mon époux délirant, Joseph-Marie, tout en kitch, et François, frère de Christine, qui a pris les photos en oubliant de régler la vitesse du flash…Nous n’aurons aucune photo ! Ah merde ces hétéros !
La mise en scène a vite dégénéré au porno. Il y avait la Ginette est gigolo (Hervé), Ginette reçoit ses cousines (moi), Ginette fait le tapin (Loïs et PY), le tout largement arrosé de mousse à raser. Puis Ginette fait sa première communion ((PY), Ginette se confesse (J-M)… Dommage pour les photos, il nous reste une soirée de grand délire.
Vendredi 20 nov 1980
Soirée beaucoup plus calme, la comtesse est venue s’habiller pour sa soirée travelo hebdomadaire. Nous, nous n’avions pas la forme. Café à La Paix, Grimdebercq aux Beaux-Arts, tour rue St Malo et à la Rose Noire, mais de notre part ça n’allait pas beaucoup. La comtesse s’est encore disputée avec son obsession, ces néo fafs de Rennes
(un peu d’effort dans votre follitude, chère amie)
la Poulpiquet et Jean Rocher de la Roche. Simultané l’a soutenue en lui conseillant de ne fréquenter que les vraies folles aristocratiques, et pas les folles de bas étage.
Samedi 22 nov 1980
Ai retrouvé PY et le Comtesse de Bercq au marché. Profitant d’une erreur de rendu (sur 100f au lieu de sur 50f) nous avons fait quelques folies. La Comtesse et moi sommes passés 6 ou 7 fois devant les poissonniers de la place, histoire de se faire remarquer par un jeune vendeur au jean serré, au rire ouvert de voleur, à la parole facile de mareyeur, excitant, excitable, grand, beau ! Ha je meure…
Nous avons passé l’après midi à l’appartement, repas avec la comtesse de Bercq qui nous raconte les malheurs de son enfance, ses histoires d’amours.
Je pensais revoir Jacky de Guingamp, mais je ne l’ai revu qu’à la Rose Noire, parmi un monde fou. Fraboulet est arrivé, saoul, folle comme jamais et a invité chez lui un dizaine de personnes. En ai profité pour inaugurer son lit avec Jacky, qui malgré ses 18 ans a vraiment une sexualité de brun. Puis, une fois Jacky raccompagné à la gare, je me suis roulé sur la moquette avec un Denis, blond de La Baule qui m’avait déjà excité à la Rose Noire. J’ai fini enfin la soirée après un faux départ qui suivait celui des autres, avec Fraboulet, mais nous sommes restés très sages.
Dimanche 23 nov 1980
Je sais que nous avons dit non, énervés de la Comtesse de Bercq, que Pierre-Yves est resté couché tout le dimanche, et que je suis resté là.
Le soir sans doute sommes nous allé à la Rose Noire mais tout est bien embrumé et fort lointain…
Lundi 24 nov 1980
Ai réglé différentes affaires; me suis renseigné pour l’édition ; il faut se faire inscrire à la chambre de commerce, il n’y a pas de licence d’édition à acheter comme je le pensais. Je vais me renseigner sur les associations loi 1901. Suis passible d’amende pour n’avoir pas encore déposé mon roman. J’en ai broché 60. J’attends d’avoir des sous pour payer mon imprimeur et aller le faire massicoter ; je sais plus ce que j’ai fait le soir.
Mardi 25 nov 1980
Cours de géo le matin à la fac. 4H de géo, beaucoup trop pour moi. Ai mangé au Champ de Mars avec Joseph-Marie et cette fille agréable qui vit avec lui. Je me suis préparé pour aller à Marseille : dépôt d’originaux à tirer chez mon photocopieur, commande de badges, avant que, téléphonant à Marseille pour avoir les derniers renseignements sur le festival, Christian Deleuze m’apprenne que tout avait été annulé hier le Gai-Pied s’étant retiré de l’organisation. Merde, moi qui espérais tant de ce week-end sur la Riviera pour me remettre de ces jours noirs de l’hiver, et vendre quelques romans, devenir célèbre, préparer mon expo… je ne serai jamais célèbre avec cette défection du mouvement, face à l’arrivisme des Nationaux comme Gai-Pied.
Cette défection du Gai-Pied, qui s’était fort engagé dans ce festival, hors de démesure, m’a amusé : il m’avait reproché de ne faire que de la merde par rapport aux marseillais, mais au moins une merde qui était appropriée à la ville de Rennes et se serait tenue. L’insolente Barbedettienne doit ruminer sur son billet d’avion acheté pour sa descente au festival. SNAFF !!
Là dessus Marguerite est venue, pas conne la guêpe, elle m’a annoncé ma mise à mort ce qui m’a toute retournée. Je la prévoyais, (après le Week-end du COUARH) mais je ne m’attendais pas à une telle rapidité. Tout recommence comme avant, mon rôle de la Diva Mama repart à zéro. Elle organise avec Yves-Pierre et un autre mec de Rennes venu à La Baule une réunion débat après un film à l’Arvor… Avant la Baule elle m’aurait encore demandé si je voulais y participer, mais là c’était clair, on ne voulait pas de moi ; D’ailleurs je n’y aurai pas été, NA ! Mais cette façon de me le dire m’a fait casser quelques pots. Très bien si les choses se passent ainsi, allons-y. On doit faire d’abord ce qu’on veut et laisser à chacun le fief de son désir, soit, mais derrière sa voix il y avait aussi beaucoup de reproches. Enfin, je réglerai l’affaire de façon à ce que rien ne se brise et que la cave n’en souffre pas.
Mercredi 26 nov 1980
La comtesse de Berq est venue manger à la maison avec Didier, un petit blond que j’avais remarqué à la Rose Noire. Pierre-Yves en fit son affaire pendant que j’éloignais la Comtesse aux Beaux-Arts où nous avons retrouvé Véronique. La Comtesse faisait son numéro devant les deux Véro (l’autre est une blonde racée vraiment très belle) et Gilles, l’amant de Véro depuis deux jours, saoul peut-être, superbement bien balancé. Ses yeux de glace, ses sourires, ses caresses m’ont tiré de ma torpeur, de mon angoisse misanthropique dans ce bar bruyamment hétéro.
Jeux de glace, de mains, sourires, cela a bien duré une heure avant que Gilles nous invite à manger des huîtres au champagne chez lui. Je lui ai remis un petit gage lipeux de mon consentement tout en draguant Véronique, et pour l’exciter avouant que j’avais envie de faire l’amour ; il flashait visiblement sur le fait d’être à 3, plus que tout. J’ai renvoyé la comtesse, qui autrement se serait invitée, pour préserver ce moment là, tout excité que j’étais de cette expérience nouvelle pour moi. Cela avait l’air déchaper à Véronique, au fond peu sensible aux marques du désir mâle, et qui proposait de nous couper les cheveux. Après quelques huîtres et une bouteille de champagne, elle a commencé son travail de coiffure. Trop saoul pour tenir plus longtemps, Gilles est devenu malade, a dégueulé de la façon la plus propre et la moins dégradante que j’ai vue. Véro, en attaquant pour moi une coupe super courte, très militaire, qu’elle a eut du mal à finir, a achevé de désespérer tout le monde. Nous avons laissé Gilles à son lit, pour se faire quelques câlins dans une pièce annexe… boff, trop passive, trop attendante, elle n’a pas su seule refaire naître le désir que j’avais d’une double compagnie.
Jeudi 27 nov 1980
Des angoisses pour ma coiffure, sans doute. Une levée à la limite de l’heure, bien sûr…En rentrant dans le réfectoire du lycée ce fut une huée générale. Pas agressive, plutôt récognitive. Ouff ! J’avais peur de ne pas être connu de cette centaine d’élèves. Le petit mec du LEP qui m’excite a même demandé de mes nouvelles au près de la pionne qui s’occupe du réfectoire. Ah ? … et j’ai même su qu’Alain, de terminale, me trouvait mignon et qu’il « faudra bien que ça arrive un jour »… ouah ! Coupe de cheveux qui catalyse les discours, coupe rase à la quelle je commence à m’habituer.
Le soir, à la Rose noire, ai revu ce tendre adolescent, très Cadinot, venant de Saint Malo et partant poser à Paris bientôt. Après une drague maladroite, comme j’en ai l’habitude, Bruno est venu à la maison. Damien et PY ont totalement déliré sur lui, nous nous en sommes amusés, mais, comme il n’avait pas l’air d’y tenir, j’ai couché avec Bruno seul. Un très beau corps, musclé comme il faut, je lui dis de venir dîner demain, s’il veut…
Mes liens avec Damien se resserrent, deviennent profonds, plus confrontatifs, comme pouvoir exprimer un désaccord avec quelqu’un que l’on aime c’est lui dire que l’on fait passer la joie d’être avec lui avant l’indiscutabilité des quant-à-moi.
Par contre la Comtesse viole toujours notre notre intimité avec autant de sans-gêne. Son implantation à la maison, continuelle et débordante, nous emmerde. C ‘est une dame charmante mais nous ne sommes pas en mesure de supporter ce luxueux bibelot encombrant. On a beau le lui dire, la prendre à partie, l’engueuler, rien n’y fait, elle pointe toujours son nez vers 19h30 pour dîner; raz le bol.
Vendredi 28 nov 1980
Tendre Cadinot m’a fait tarder au lit ce matin… et évidemment la mère Meunier m’attendait. Enfin à 9h ai eu à régler le problème d’une gosse qui a voulu se suicider en se jetant sous une voiture. Les infirmière semblaient sortir de l’abattoir.
Le soir, à ma grande surprise, tendre Cadinot m’a téléphoné. Je suis allé le chercher au Pica, un peu plus star, un peu plus bête, toujours aussi beau. Son cousin, folle tordue de St Malo nous a accompagné. Nous avons mangé avec Yannick, qui était aussi venu là voir si nous n’allions pas entendre Bastien Bastienne de Mozart. Je lui ai dit de repasser plus souvent. Il est charmant, sans m’attirer physiquement. Il vient de réussir ses examens au Conservatoire.
Puis avec Bruno et la Comtesse de Bercq, encore tombée là, nous sommes allés à la Rose Noire, en faisant un arrêt Guouinedebercq aux Beaux-Arts.
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Je commence à être de +en+ ennuyé de tout le temps que me prennent ces journaux
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A la Rose Noire ai retrouvé Gaëtan, là pour la seconde fois. Il ne m’a pas fait la gueule comme la première fois, bien au contraire. Il fut charmant. J’allais frivole draguer en laissant les lapins fort libres ; lui et Bruno. Je n’en ai eu pour finir aucun, bien qu’ils en furent tous les deux peinés ; Gaëtan repassera, Bruno aussi… Ces deux merveilles dans le même lit que cela m’aurait fait plaisir ! Gaëtan devient de plus en plus beau et je n’ai jamais cessé d’être ému par ses airs de grand blond.
Suis rentré seul me faire jouir dans les tasses, tandis que la Comtesse de Bercq et PY allaient faire des leurs à la G.V., où PY retrouva Yannick et coucha avec. Tant mieux, je suis une folle qui vit après tout très bien une sexualité par procuration.
A la Rose Noire il y avait aussi Bernard, venu à notre permanence téléphonique. Grande dame je me suis excusée pour mon jeux de l’autre jeudi, puisque d’après Yves-Pierre, qui était là aussi, il n’avait pas apprécié… Ai eu d’autant plus de facilité à jouer les humbles et les excusantes que Yannick m’avait rassuré sur mon personnage qu’il avait trouvé tout à fait honnête ce jeudi-là. Na !
Il pousse en moi, avec ce désir prenant de devenir célèbre, celui parallèle de l’être grandement et d’être aussi simple qu’une femme qui serait déjà infiniment célèbre. Si je n’acquiers pas la célébrité, au moins me restera-t-il cette douceur, cette simplicité que peu à peu j’apprends, et où Pierre Yves me sert de contre-exemple.
Samedi 29 nov 1980
Tour au marché où j’ai retrouvé mon époux. La comtesse est restée seule au lit, crevée ( mais pas morte).
Le soir nous avons mangé avec Damien et elle. Discussion sur le milieux de la campagne, sur les marchands de viande, les médecins, son père. Ce fut charmant. Ensuite, après une pause chez lui, nous sommes allés à la Rose Noire.
Plusieurs gens que j’ai du connaître m’ont vivement salué au marché ce matin, sans que je me rappelle même ce pourquoi je les avais rencontrés. Serait-ce une nouvelle série de « A l’ombre de ma célébrité en fleurs » ? L’ Après midi nous avons posé la moquette achetée au Comptoir du Mail. Le salon a un air plus chaud.
Dimanche 30 novembre 1980. Paris
J’avais décidé d’aller à Paris, voir Jean. Après quelques discussions, un coup de fil à son boulot, impossible, son grand-père était bien mal. Pierre Yves a décidé de m’accompagner, nous avons pris le train à 15h, rejoints dans le bar par trois autres pédales avec qui nous avons déliré sur Sylvie Joly.
(Une Sylvie Jolie que l’on va retrouver toute la semaine suivante avec la Comtesse de Bercq qui vient de découvrir l’existence de la ville de Berck)
Arrivés, j’ai traîné mon époux au Sauna Continental. Il était gêné d’entrer et peu après très heureux d’y être. Nous sous sommes faits quelques queues, goûtant au passage le luxe alangui des thermes, de la piscine, du solarium. Douce et suave impression d’intemporalité. Puis je l’ai conduit au Duplex, il était fou de joie. Ai vendu quelques badges, après y avoir retrouvé Marco de Marseille, Audrey, un mec de Brest et Lulu. Pierre-Yves a arrêté là sa soirée parisienne pour coucher avec un rennais « monté » à Paris, Yves.
Moi, laissant un amant qui vivait chez ses parents, j’ai gagné le Trap que je ne connaissais pas. Charmé par la belle back-room du haut, j’ai été surpris de trouver parmi ces blousons de cuir une taille moyenne de queues bien plus petite qu’avec les pédales coiffeuses du sauna. Me suis levé un mec assez intéressant avec qui j’ai regardé une vidéo du show travelo de l’Alcazar. Il m’a demandé de le raccompagner jusque chez lui, Bd st Germain, mais il commençait à travailler à 7h, alors je ne suis pas resté. J’ai gagné le B.H., ouvert à 4h. Ambiance sordide et endormie. A 8h je suis allé me reposer dans la salle d’attente de Montparnasse.
Pour les amis marseillais ce petit extrait de mon journal d avril 1980
Petit tour au Village, puis à Cadet, j’avais trouvé dans l’après midi une couchette pour Marseille.
Départ à 18h30, pour la première fois où je prenais une couchette, mais c’est agréable, surtout le matin quand les portes du train s’ouvrent et qu’on prend en pleine gueule toutes les odeurs du midi.
Vendredi 11 avril 1980. Marseille.
Je flippais un peu en arrivant, n’ayant eu aucune nouvelle avant de partir. Y aurait-il quelqu’un ? Comment serai-je accueilli ?
Enfin vers 9h c’est Suzanne qui m’a accueilli rue Longchamp où vivent maintenant Nans et Guillaume. Pazzolina revient de Rome dans la journée. Heureuse de me revoir, elle n’a pas arrêté de me parler des « mariages », Laurent-Pazzolina, Nans-Guillaume, comme si je venais récupérer une baise perdue.
Nous sommes allés voir Harold (Jean Rossignol). Il n’a pas changé et je suis toute excitée d’être là. Cette ville me plaît tant.
Je suis resté l’après-midi à Longchamp avec Cléo, toujours aussi merveilleuse. Une certaine gêne avec Guillaume, comme si j’étais venu récupérer un amant perdu.
Le soir réunion du GLH assez merdique. Devant ces gens très clean, la Grande Zoa (Jacques du COUARH Paris) a évoqué je ne sais plus quelle affaire de pédéraste que le COUARH défend. Procès avec des pièces à conviction horribles, carnet intime avec des fantasmes sado-mazo sur les enfants, photos où il encule un enfant qui pleure. Dur ! Le COUARH demande la castration légale pour éviter 25 ans de prison. Normal à sa mentalité d’homosexualité propre. Le GLH Marseille y a fait une opposition offusquée et silencieuse. La demande de castration est un compromis avec la morale bourgeoise qui m’écœure et me met hors de moi. Nous avons reparlé de cette affaire avec Nans lundi, il est contre évidemment.
Après repas chez Alex, super délire de cris, de drague avec un niçois aux délicieuses moustaches blondes. Cléo m’a lu quelques uns de ses textes, qui sont fameux. Vrai cela m’a surpris. J’ai généreusement payé une bouteille de vin à Alex qui piquait une apoplexie et oubliait de me compter mon repas.
Puis tout fini assez mal malgré Colette qui était là, heureuse !, Gogo et notre niçois parti, nous nous retrouvâmes à 4, Cléo, Arold, Colette et moi dans un bar de la Cannebière sans intérêt.
Samedi 12 avril 1980. Marseille.
Cléo et moi avons un rendez-vous chez Gogo pour le petit déjeuner. La niçoise nous a donné le courage d’y aller vers 11h. Tout le monde était là-bas. Nous y sommes restés quelques heures avant d’aller aux Régates.
Christian Deleuze m’a amené à Cassis avec des anglais ; une petite course sur les rochers dont se rappellent mon genoux droit et ma cheville gauche.
Nous sommes rentrés vers 19h, il y avait une fête chez Gogo. J’ai fait une salade de poire-vinaigrette à la menthe pour l’entrée de ce repas un petit peu bourge. Un hétéro de Verte Fontaine faisait la folle, suscitant nos rapports, tantôt doucement tantôt violemment. Cléo et moi l’appelions Odette. Nous fîmes danser tout le monde sur des Sheila des années 50. J’ai fini avec Cléo au tapin de la gare St Charles.
Dimanche 13 avril 1980. Aix en Provence.
Longchamp a changé. La présence de Nans, qui joue à l’écrivain intimidant en rend l’atmosphere lourde, pesante. J’aime beaucoup ses chroniques dans Gai-Pied, le style est léger, frais.
Au sauna rue Sénac. Très agréable, un bain californien aux éjaculations masturbatoires collectives ou avec un petit médecin de Montpellier, prof à la fac. Mignon.
J’ai revu Alain Comez qui travaille ces temps-ci chez Alex. Nous avons fait l’amour un peu mou. Puis il m’a invité à Aix en Provence. Nous sommes partis dans la soirée. Alain un peu coincé à Aix, parfois charmant, moi la fatigue de ces temps-ci me rend bête, répétitif, nul enfin. Nous avons mangé dans un restaurant chinois. Nous sommes passés chez Paulette Meurodon (Patrick Cardon) Jamais là !.Je lui aurais bien parlé de sa revue « Fin de Siècle ». Nous avons regardé ensuite le premier film parlant, charmante ambiance années folles… Tout fut tendre, mou charmant.
Lundi 14 avril 1980. Marseille.
Après un tour au RU et quelques petites affaires, nous sommes rentrés à Marseille. Retour à Longchamp, je leur ai préparé un poulet en sauce sucrée (pomme -pruneau) -salée (champignons poivrons oignons) avec des légumes verts variés. Ce fut bon mais nous n’étions pas nombreux, Nance, Roland, l’amant de robert qui est charmant, très folle. Suzanne nous a raté. Film télé avec Maryline. Boff.
Mardi 15 avril 1980. Paris
J’ai décidé de partir ce matin. J’ai quitté tous ces gens qui n’ont pas eu l’air gêné, bien au contraire ! Ah de quelle médisance m’a-t-on lavé cet hiver ?
J’ai passé un très agréable voyage en compagnie d’un petit biquet de terminale à St Michel. Mère artiste, discours un peu théorique (et pas des meilleurs) pseudo-baba mais pas idiot. Nous avons parlé de sexualité, la sienne est hétéro ce qui me change un peu. Nous nous sommes quitté gare de Lyon sans se laisser d’adresse, hélas.
Pourquoi ai-je quitté Marseille ? Pour une simple raison, rien n’y ayant changé, rien ne me dépaysant, j’avais l’impression dès le premier jour d’être là depuis septembre. En quittant cette ville j’ai eu le sentiment d’arrêter de longues vacances. Et maintenant tout cela me semble si loin. Je ramène des « Plumes Taillées ».
Dimanche 13 juillet 1980. Avignon.
Nous avons passé la matinée à la plage de Pampelonne, la bonne cette fois, près de l’Aqua Club, naturiste et PD. En s’éloignant des dunes on trouve une petite bambouseraie bien agréable. Me suis fait un jeune tropézien avant que nous partions pour Marseille.
Arrivés chez Christian de Leusse qui m’a entre autre amené chez sa mère, une immense propriété rue Sainte Marguerite qui ferait un gay-center superbe, ramasser des prunes à confiture qui reflétaient leurs petites bouilles rondes dans les eaux d’un bassin. Nous leur avons épargné la tragédie de Narcisse. Puis nous sommes passés au Longchamp chercher Marco, Thomas un danseur et Nance, pour aller tous les 5 dans notre voiture en Avignon. Halte à la Cité des papes, où tout ce qu’il y a de plus touristique et folkeux défilait. Marco et moi, super excitées avons fait un scandale de cris, de gestes et de pétasseries, à faire tomber des cyclistes acrobates, à draguer jusqu’au dégout-je-me-cache, un jeune porte drapeau, à interrompre par nos cris des danses folkloriques. Le succès fut fou, avant la pause à la Civette.
Soirée à une fête à environ 20km d’Avignon, dans une maison présentée comme démente mais que j’ai trouvée sans plus, avec des proprio-acteurs très sympa, adorablement trop. Soirée ennuyeuse pour ceux qui avait espéré un buffet qu’il n’y avait pas malgré le prix d’entrée de 50f, mais pas pour Marco et moi qui avions découvert que les papiers justificatifs des deux pots compris dans le prix de l’entrée étaient multipliables à l’infini. Nous avons bu en suffisance, rencontré des gens très sympathiques dont un journaliste qui couvre le festival pour France Culture et qui m’a promis un interview pour le lendemain 13h, un mec d’Autrement qui m’a promis un article, Jean Le Bitoux et son ami Pierre de Ségovia que j’ai brusqué, etc etc. Même Jean-Marie des Mirabelles qui après une discussion contradictoire sur une séance d’hypnose perturbée par mes soins et qu’il a clôt d’un « tu es adorablement beau », m’a invité à danser-baiser mais, un peu ronde, j’ai quitté un slow où j’étais gêné de tant d’honneur pour manger et boire avec Bruno d’Avignon, une charmante, les marchandises que j’avais volées à la cave. Je pensais bien tirer avantage de cette prédilection de Jean Marie des Mirabelles, dont j’ai envie depuis un an, depuis le jour où, venant à Rennes pour le second festival homosexuel, nous nous étions plus, sans que l’état éthylique dans le quel il était plongé nous permette d’aller plus loin. Mais j’ai voulu faire une farce à Dédé de Valence et à son minet quand ils s’apprètaient à partir, j’ai feins de le retenir, ça m’a conduit au lit avec ce dernier dans la chambre des maîtres du lieu. Il fait très bien l’amour mais ce n’est pas ce que j’avais à faire de plus important ce jour là. Jean-Marie m’a cherché, mais m’a trouvé occupé, j’ai le vague souvenir d’un sourire amer. Vous pensez, être l’amant d’une Mirabelle ! Bref, pour mon plaisir, j’ai raté mon coup.
Tôt dans la matinée, des ombres, sans doute les maîtres de maison dont j’avais pris le lit, m’ont transporté dans une autre pièce sur un grabat ; j’en ai fait un rêve « descente de la croix », avec des pointes de rouge SM.
J’ai regagné Marseille en train. Vainement j’ai cherché à contacter Jean Rossignol. Et la rue de Longchamp. Me suis crevé à chercher un distribanque dans le quatrième; vide, je l’avais mauvaise; j’ai du faire un chèque pour aller au sauna, on verra bien. Bonne ambiance, mais beaucoup de bruns plutôt enculeurs, je suis resté dans le bain californien avant de me rabattre sur un petit brun moustachu qui m’a emmené manger rue Curiol chez Maria, ex prostituée à peau vert-olive; on l’a dit cheffe de la mafia locale. Ambiance de vieilles tantes pouffiant dans leur mouchoir et de garçons macs. Excellente cuisine, et mon petit Robert, sympa et serviable, avait un accent adorable. J’ai mis de la mesure et de l’humilité à parler de mon roman, celles qui conviennent aux décorticage de fruits délicats, je ne lui en parlé que pendant le repas. Puis nous sommes allés en train nous coucher à Aix, j’en ai profité pour laver mon linge.
Lundi 21 juillet 1980. Marseille.
L’argent à une vitesse qui m’est inconcevable. Après une petite baise, un petit déjeuner au 2 G, avec Arthur de Marseille trouvé là nous sommes retournés à Marseille; ai fait sécher mon linge aux Longchamp, suis resté discuté avec Georges, revenu de Hollande et Nance.
Le soir Arthur m’a invité à manger avec son époux, Dominique, revenu juste d’Amérique; Blond châtain, mince jusqu’à la maigreur, un cul qui s’oublie, les jambes fines, un visage chevalin barré de grands yeux bleus, acteur, je n’en pouvais plus ! Gestes désordonnés, manque paranoïaque, thé renversé, attitudes connes, j’étais folle d’amour pour lui, sans pouvoir le laisser voir; Soirée agréable et sans alcool, ça me mettait peut-être dans ce manque.
Mardi 22 juillet 1980. Marseille.
J’ai obtenu un rendez-vous avec Jacky Fougeray, le deuxième numéro 1 de Gai-Pied pour ce soir. J’ai passé l’après midi à bronzer au Frioul, ma fin d’après midi au bar de l’Opéra. A 19h j’étais 27bis Grande Rue dans une maison renaissance, gênée, n’ayant rien à dire à cette personne charmante au discours parfait mais castrant de perfection. Tant pis…Il a beaucoup aimé le roman, mais quand il est tombé sur les plaquettes militantes il a arrêté sa lecture. Il me fera un article pour la partie brochée qui l’a fait se tordre de rire trois fois. Ah ah ah…
Christian De Leusse est passé et s’est invité pour le soir ; Mike de Londres a téléphoné, il est chez Gogo et veut me voir. C’est agréable de se sentir ainsi quémandé de partout.
Nous sommes allés chez Maria, rue Curiol, toujours aussi charmante. La conversation a tournée sur les rôles des GLH en France et à Marseille. Jacky et moi nous nous sommes trouvés en parfait accord contre Christian D.L. qui soutenait encore les avatars de l’action collective et concertée et prenait tout ce que l’on pouvait dire pour lui. Nous soutenions que l’œuvre collective était morte, qu’il n’y avait plus de GLH en France et que celui de Marseille, survivance anachronique du Mouvement Homo, prouvait certes la vitalité de la ville, mais il tombait lui aussi dans l’inaction désuète et que seul le projet de Gay-Center, bien fondé et preuve de vie active pouvait le réveiller. Le refus du groupe il y a deux mois de prendre en charge le sauna qu’on lui avait offert, donnait des doutes sur la volonté du GLH de prendre en main ce Gay-Center; peut-être qu’une initiative individuelle serait préférable. Là Christian De Leusse est parti fâché, jouant la grande dame et emmenant Christophe, un petit minou qui l’accompagnait sur lequel ma drague avait bien marché. Je me consolais avec un grand châtain au bar, qui après entente, disparu.
Après avoir rappelé à Jacky ce que je voulais qu’il mis dans son article, mon âge, le terme roman-objet, je me suis fait rattrapé par mon grand châtain, un sourd de passage, je l’ai amené baiser chez Jean; il avait un paquet génital qui ne tenait pas dans les main, même si j’en ai au moins deux, et n’a pas arrêté de vouloir m’enculer toute la nuit. Parti tôt le matin rejoindre ses parents à l’hôtel pour le petit déjeuner.
Mercredi 23 juillet. Marseille.
Nans m’a réveillé le matin pour m’inviter à manger le soir avec kévin, descendu de Paris hier et qui veut me voir. Passé chez Gogo pour voir Mike de Londres, Marco était là aussi. Petit déjeuner aux Régates, rejoints par Pierre Jolivet de Thorey et un de ses amants mignon blond, chevrier de son état, et par De Leusse qui me fait plus ou moins la gueule, avec qui j’ai essayé de me réconcilier. Après midi repos chez Jean.
Quand je me suis pointé chez Nans et Kévin, ils n’avaient rien préparé et nous sommes allés manger à l’Étoile. Nans était en forme, je me suis amusé à l’idée de coucher avec lui, histoire de ne plus être gêné par ce proustien dont l’éloignement et le dédain timide me gêne. Suite au VV ( Voile et Vapeur (ou Vicve et Versa), bar rue Sainte, très fréquenté à l’époque par les gays, avec pour patrons Victor et Vincent, deux frères) où j’ai retrouvé Cléo, Harold etc… On m’a présenté un Christian, folle hétéro du coin. Je déteste ce bar, c’est l’époque « Carrefour » rennaise en plein et en plus baba-PD main dans la main. Kévin et moi, délirant et bien saoules, nous attendions Denis, « une » des trois grâces de Marseille d’après tout le monde, avec Guillaume et Thomas. Les babas roulaient des gros yeux à nos vices affichés. C’est un milieux que je ne voudrais pas fréquenter, la peur pendouillante de tomber amoureux d’un hétéro sympa, bien mis là en valeur. Mon monde se sépare en deux : les hommes qui ont un potentiel de désir homosexuel, et les autres qui n’en ont pas.
Kévin est bien plus saoul que moi ce qui est un comble de bonheur. Quand Denis est arrivé, nous avons toutes les deux gloussé comme des tordues. Quoi, la gloire de Marseille ce petit freluquet boutonneux aux doigts sales ? La différence entre la réalité et l’attente était beaucoup trop grande. Denis est rentré avec Harold, Kévin et moi sommes rentrés avec eux.
L’écrivain, celui qui ne peut pas vivre ce qu’il écrit ? Ou celui qui n’est pas à fond dans son vécu, et comble le manque en écrivant. Un vécu s’il est génial apparaît bien naturel (et hors écriture) à celui qui le vit.
Jeudi 24 juillet 1980. Marseille.
Kévin m’a laissé à Longchamp, il voulait tester le charme de Guillaume. Ils sont venus me chercher et nous sommes allés au Mont Rose. Guillaume n’a pas changé, un peu moins adorable, plus dans les nuages, doux. Il vit chez Suzanne. Pendant une heure nous avons prix le soleil avec Denis, venu perturber les amours naissantes d’un Kévin à la main chaude avant que Guillaume rejoigne son boulot de pompiste. Kévin et moi nous avons acheté 2kg5 de sardines sur le vieux port pour un barbecue chez Paso qui revenait juste de l’Ardèche. Feu aux feuilles de Magnolia, nous avons discuté de riens, agréablement. Couché fourbu.
Vendredi 25 juillet 1980. Marseille.
Guillaume ne travaille pas ce soir et doit nous amener à Cassis. Après un verre avec Denis j’ai rejoint Kévin. Suzanne était là, sortie pour la journée de sa cure d’amaigrissement, et nous sommes restés ensemble, lancinants avant de ramener Suzanne à l’hôpital. Tour aux régates. Kévin Denis et moi sommes passés chez Gogo où Mike devait nous inviter, mais il était parti à Montpellier voir Colette. Retournés chez Guillaume, après maintes tergiversations, nous avons filé à la Mare aux Diables. (boite de nuit gay). Maximilienne était là après avoir dansé de Paris à Rome. Spectacle minable, sinon un strip-tease classe sur la musique de Gold Finger. Ai fini la soirée dans le jardin. Un toulousain, Guy, sympa mais brun, il fallait bien éjaculer. Et puis un petit blond à moustache (c’est fou le nombre de pédales-sport-moustache ici). Gérard coiffeur miniature au corps viril il m’a beaucoup excité, et je me branle encore en pensant à lui.
Peu de temps après, avec Kévin et son amant Guillaume-1 et Denis nous sommes allés dans un bar près du vieux port. Rejoints par Guillaume-2 qui a piqué une crise contre le moralisme du GLH qui dans une attitude anti-folle, une défense de la norme hétérosexuelle, lui reproche d’être alcoolique. Je ne pensais pas qu’il ait poussé son jugement jusque là. Guillaume-1 tiquait, je m’étais étripé un peu avec lui sur son coté néo paysan-bio. Avec kévin en grand délire nous avons fait la gare St Charles, abordant tous les mecs (c’est fou le nombre de gens qui s’y masturbent). Nous sommes rentrés vers 6h du matin.
Je joue de mythomanie. Quand on a rien à dire, il y a deux solutions : parler fort pour se faire entendre, parler bas pour se faire écouter.
Mercredi 18 juillet 1979.
Oscar. Rennes. Batchi.
Jeudi 19 juillet 1979.
Départ pour Marseille. Route.
Vendredi 20 juillet 1979. Marseille.
Route côte d’Azur. Arrivé Marseille. Arold. Le Faust.
Samedi 21 juillet 1979. Marseille.
Arold. GLH. Avignon. Collage. Bouffe. Couché chez Christian.
Dimanche 22 juillet 1979. Marseille.
Promenade à Marseille. Palud. Un danois. Folle hystérique sur le port. Manger à l’Etoile avec d’autres rennaises. Bar 1900. Escalier de la Gare St Charles. Port. Arold.
Lundi 23 juillet 1979. Marseille.
Travail Arold. Accueil meeting. Fringanor (un coupe-faim très en vogue à l’époque, en vente libre ou quasi, qui nous servait d’amphet). Nuit cinéma, les deux hétéros. Arold. Pizza splash. Film Outrageous.
Mardi 24 juillet 1979. Marseille.
Dormi chez Chantal après 7h30. Allé au Frioul avec Pabla et Chantal. Sorti avec Pabla, retour, baiser avec Pabla. Chez Alex, Spectacle St George. Morte.
Mercredi 25 juillet 1979. Marseille.
Promenade au Frioul, assez merdique, avec Marco on a passé son temps à chercher d’autres naturistes. Pablo, un mec de Lille. Nous sommes allés manger une bouillabaisse. Boff. Forum sur les libertés. Arthur etc… Nous nous sommes faits un peu vider. Hystéries après, streaking (courir nu), assez dément; bordel dans les tasses. Essaie d’aller au Faust, nous avons fini chez Georges. Discussions. Amours avec Natacha, Pabla, Robert et moi.
Jeudi 26 juillet 1979. Marseille.
Nous sommes retournés chez Christian. Journée à la calanque de Sugiton. « Les trois folles aux rocher ». Retour, Yves Navarre. Cinéma. Repas avec Elvire (Jean-Luc D.) et Laurent. Discussion avec Marcel le travelo. Tour de bars. Nous avons dormi tous les trois chez Christian.
Vendredi 27 Juillet 1979. Marseille.
Fête au Merlan, assez super, je dormais un peu. Fringanor. Repas aux Étoiles. Bal le soir à l’Alhambra. Grand délire, les travelos, le viol de Cléo. Fin à 3h, au 1900. Couché avec les deux folles de Rouen plus Eric.
Samedi 28 juillet 1979. Marseille.
Carrefours bilans et perspectives, prise de pouvoir démente. Chansons. Applaudissements, télé, manif Folles lesbiennes. Cafèt avec Cléo, Gala, très remarqué. Bar 1900. Ai essayé de coucher avec Gilles, me suis endormi là. Laurent.
Dimanche 29 juillet 1979.Marseille.
Naturisme au Mont Rose. Bar chez Jeannot, partis sans payer. Pizzeria. Gilles, soleil. Christian, Gilles.
Lundi 30 juillet 1979. Marseille.
Avignon. Interview Casanova . Marc Aurel chez Alex. Arold, Robert.
Mardi 31 juillet 1979. Marseille.
La télé belge (ce qui deviendra la future émission Stip tease) devait nous payer un voyage à Sugiton en bateau depuis Cassis. Pas moyen d’avoir un bateau. Nous y sommes allés en voiture (et à pied!), enfin les « durs », Robert n’a pas suivi. Mignon et tendre, touchant.
J’y suis allé avec Cléo, Jean-Luc (Elvire). Interview. Puis nous sommes repartis manger un couscous dans le quartier arabe de Marseille. Pas terrible, puis chez Alex. Nous avons fini ça chez Christian.